jeudi 28 juin 2012

Dolls, de Takeshi Kitano (2003)

De toute beauté. Simplement.


 
Dolls relate l'amour éternel, de trois manières différentes. Il y a Matsumoto et Sawako, couple de futurs mariés confrontés à un choix tragique, qui les mènera à l'errance à travers les saisons. Il y a aussi le vieux chef yakusa, qui se retrouve face à son passé, et à sa bien-aimée, qui ne l'a jamais oublié. Enfin, il y a Nukui, le plus grand fan que peut avoir la chanteuse Haruna, il le lui prouvera d'une façon hors norme.
Le tout sur un fond de théâtre bunraku.

Ces trois histoires n'ont pas de lien, si ce n'est le passage du couple de mendiants enchainés. Elles se superposent, comme se superposent les souvenirs au présent. Un film sans début, ni fin en soi. Où le silence se superpose à la mélodie lancinante composée par Joe Hisaishi (compositeur, entre autre, de Hayao Miyazaki. Même Buster Keaton à eu recours à son talent), magnifique comme toujours. 

Dolls est d'une lenteur dramatique, mais on le lui reprochera pas, au contraire, l'émotion dégagée ne serait pas la même si le rythme se faisait plus rapide. L'absence de rythme fait partie intégrante de l'univers de Dolls. Les plans longs permettent aussi d'admirer la beauté incroyable des paysages. Les couleurs du Japon ont rarement été aussi bien exploitées. Les 4 saisons apparaissent, avec leurs tonalités. On se perd à regarder ces vastes étendues, d'apparence infinie, comme se perdent ces personnages, poupées qui subissent la tournure des évènements. On ne sait jamais ce qu'ils pensent, on assiste à leurs côtés.
Dolls nous place stricto sensu en tant que spectateur. On regarde, on ne peut rien faire d'autre.

Takeshi Kitano nous montre par ce film ses multiples talents. (Cinéaste, acteur, animateur de télévision, humoriste, peintre, plasticien, écrivain, poète, chanteur, et designer de jeux-vidéos, en tout...). Cette fois-ci, il ne joue pas dans son film mais sa présence se fait ressentir. Après "L'été de Kikujiro", plus léger et comique, même si le fond mélancolique de Kitano reste présent, Dolls est le second film de sa réalisation que je vois, et je n'ai pas envie de m'arrêter en si bon chemin. Un homme atypique pour un cinéma atypique, Kitano se démarque des autres, et de loin. Qu'on aime ou non (et avec Dolls, c'est soit on aime, soit on n'aime pas. Manichéen, mais il n'y a pas de juste milieu), Takeshi Kitano laisse sa petite marque dans notre esprit.
Pour ma part je suis conquise, et j’espère donner envie de faire un petit tour cinématographique du côté du soleil levant.


Twiggy
Crédit photo : Allociné

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